Québec, le 3 septembre 2026 — Dans le cadre de la campagne électorale provinciale, le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) invite les formations politiques à faire de la forêt une priorité et à se doter d’une vision forestière ambitieuse, durable et mobilisatrice pour le Québec. Dans un contexte de tension commerciale internationale croissante et face aux défis d’approvisionnement, des changements climatiques, de la transition énergétique et de la diversification des marchés, cette vision est essentielle pour créer les conditions nécessaires à l’essor d’une filière forestière moderne, compétitive et durable.
« Le prochain gouvernement doit se montrer fier et proposer aux québécois une vision claire et ambitieuse pour sa forêt et son industrie forestière. Pour relever les défis de demain, il faudra faire preuve d’audace, repenser certaines approches et innover dans nos modèles de gestion. Pilier économique et stratégique du Québec, notre secteur est au cœur d’une filière forestière nationale et il devient impératif de mettre en place les conditions nécessaires à l’essor d’une industrie forestière moderne, compétitive et durable », affirme Michel Vincent, président du CIFQ.
Pour y arriver, le CIFQ présente les quatre priorités qui devront guider l’action du prochain gouvernement :
1. Bâtir des partenariats durables avec les Premières Nations
La nouvelle vision forestière doit s’appuyer sur une relation renouvelée entre les Premières Nations et le gouvernement, fondée sur le dialogue, la confiance, le respect mutuel et la recherche de bénéfices partagés. Le prochain gouvernement devra accroître la participation des Premières Nations à la gouvernance et à la prise de décision en matière d’aménagement et de gestion du territoire, tout en soutenant des modèles de collaboration et de partenariat leur permettant de participer aux activités forestières et de bénéficier de leurs retombées économiques.
2. Moderniser le régime forestier en repensant la gestion du territoire
Le prochain gouvernement devra moderniser l’actuel régime forestier afin de le rendre plus agile, prévisible, davantage ancré dans les réalités régionales et mieux adapté aux défis économiques, environnementaux et sociaux d’aujourd’hui. La forêt doit s’inscrire dans une réflexion globale sur la gestion du territoire, fondée sur une approche intégrée, cohérente et prévisible permettant de mieux concilier les objectifs de production, de conservation et les autres usages du territoire.
« L’accès à la fibre demeure la pierre d’assise de toute la chaîne de valeur forestière. Il est donc essentiel d’accroître la prévisibilité de l’accès à la ressource, d’améliorer la compétitivité du coût d’approvisionnement et de simplifier le cadre administratif et réglementaire applicable aux activités forestières. Une gestion forestière davantage décentralisée et adaptée aux réalités et aux priorités des régions permettra également de renforcer la vitalité des territoires forestiers », affirme Michel Vincent.
3. Renforcer la compétitivité de l’industrie et stimuler les investissements
Le Québec doit offrir un environnement d’affaires propice à l’innovation, à l’investissement et à la croissance afin que son industrie forestière demeure parmi les plus performantes et compétitives au monde. Le prochain gouvernement devra créer les conditions favorables à la modernisation des installations, à l’amélioration de la productivité et à l’émergence de nouvelles filières de développement.
Cela passe notamment par le déploiement d’une Stratégie de développement industriel propre au secteur forestier, l’accès à une main-d’œuvre qualifiée, le maintien d’un avantage concurrentiel en matière d’énergie et l’adoption d’un cadre réglementaire prévisible, efficace et cohérent. Le développement de nouvelles économies, notamment par la transformation des coproduits forestiers en produits innovants à forte valeur ajoutée, devra également être accéléré. La contribution de l’industrie forestière à la transition énergétique, à la séquestration du carbone et à la décarbonation de l’économie québécoise doit être reconnue et valorisée.
4. Développer les marchés et maximiser la valeur des produits du bois québécois
Le Québec doit accroître l’utilisation du bois sur son territoire et maximiser la valeur générée par sa ressource forestière. Le gouvernement doit agir comme un véritable partenaire de l’industrie en créant les conditions favorables à l’utilisation accrue du bois, notamment dans le secteur de la construction. Il doit faire preuve d’exemplarité en privilégiant le bois dans les projets de construction et de rénovation des bâtiments publics et maintenir un cadre réglementaire favorisant l’innovation et l’utilisation accrue du bois. Le recours aux systèmes préfabriqués en bois doit également être encouragé afin d’accélérer la réalisation des projets et de répondre à la crise du logement.
Le développement de la deuxième et de la troisième transformation doit être soutenu afin d’accroître la valeur ajoutée des produits forestiers québécois. Enfin, la défense de l’industrie forestière doit constituer une priorité dans les relations commerciales du Québec et du Canada, notamment face aux tarifs douaniers américains et aux mesures protectionnistes qui fragilisent la compétitivité des entreprises forestières. Le bois doit davantage être positionné comme une solution renouvelable et stratégique contribuant à la décarbonation du secteur de la construction et à l’atteinte des objectifs climatiques du Québec.
Une vision intégrée de la gestion du territoire
Pour le CIFQ, les quatre priorités proposées doivent s’inscrire dans une réflexion globale sur la gestion du territoire. La conciliation des usages, des valeurs et des intérêts doit reposer sur une approche intégrée, cohérente et prévisible afin de réduire les conflits, d’accroître la prévisibilité et de renforcer la vitalité des territoires forestiers.
« Issu d’une ressource locale et renouvelable, le bois constitue un matériau d’avenir et joue un rôle incontournable dans la transition vers une économie plus durable. C’est pourquoi les formations politiques doivent s’engager clairement en faveur d’une véritable gestion territoriale et à faire de l’avenir de la forêt et de l’industrie forestière une priorité de leur programme électoral », conclut Michel Vincent.
Pour consulter le document complet des priorités électorales du CIFQ, cliquez ici : Les priorités de l'industrie forestière du Québec
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À propos du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ)
Principal porte-parole de l’industrie forestière du Québec, le CIFQ représente les intérêts des entreprises de sciage résineux et feuillus, de déroulage, de pâtes, papiers, cartons et panneaux et fabricants de bois d'ingénierie.
Rappelons que l'industrie forestière contribue à la vitalité économique de plus de 900 municipalités au Québec, soit 83 % des municipalités québécoises. Comme indiqué dans l'étude d'impact réalisée par PwC portant sur l’année 2021, elle emploie, directement et indirectement, près de 130 000 travailleurs et génère des revenus d’emploi totalisant plus de 7,5 G$. En termes de contribution aux différents paliers de gouvernements, elle a versé 6,8 G$ en revenus fiscaux et parafiscaux. Elle représente 12 % des exportations du Québec et la contribution au PIB de l’ensemble de l’activité générée par l’industrie totalise près de 18 G$. Avec sa capacité de séquestration et de stockage du carbone et son potentiel dans la production de bioénergies et de bioproduits, le secteur forestier est un outil contribuant à la lutte contre les changements climatiques.
Source :
Yanick Blouin
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