La forêt québécoise
Lorsqu'elle est aménagée de façon durable, la forêt contribue à répondre aux besoins des populations, à créer de la richesse, à lutter contre les changements climatiques et à renforcer la résilience du territoire.
Découvrez les grandes contributions de la forêt et du secteur forestier à travers les sections ci-dessous. Cliquez sur un titre pour afficher son contenu.
Le bois est issu d'une ressource naturelle renouvelable qui répond à une multitude de besoins essentiels de notre société. Logement, produits d'hygiène, emballages, bioénergie ou encore mobilier : peu de matériaux offrent une telle polyvalence.
Dans un contexte marqué par la crise du logement et la nécessité de décarboner le secteur de la construction, le bois s'impose également comme un matériau stratégique. Son utilisation contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre, favorise le développement de produits à forte valeur ajoutée, soutient la diversification des marchés de l'industrie forestière canadienne et participe à l'augmentation de l'offre de logements abordables.
du bois d'œuvre actuellement exporté vers les États-Unis pourrait être redirigé vers le marché québécois grâce à une utilisation accrue du bois dans la construction.
Source : estimations du CIFQ
Grâce à ses nombreuses qualités, le bois améliore le confort, la sécurité et le bien-être des populations tout en générant des retombées économiques importantes pour les régions du Québec.
La forêt québécoise est une ressource renouvelable dont la transformation génère des retombées économiques durables partout sur le territoire. Aménagée de façon responsable, elle constitue une source continue de richesse pour les générations actuelles et futures.
Comme tout actif de grande valeur, la forêt offre un meilleur rendement lorsqu'on l'entretient et qu'on y investit. Les travaux sylvicoles, la protection des peuplements contre les perturbations naturelles ainsi que le développement des chemins forestiers contribuent directement à accroître la productivité des forêts, leur accessibilité et leur valeur économique à long terme.
Parce qu'elle est renouvelable, non délocalisable et difficilement substituable, la transformation du bois représente un levier économique stratégique pour le Québec. Elle génère des emplois de qualité, soutient les entreprises de toutes les régions et alimente directement les finances publiques.
en rémunération versée aux travailleurs québécois en 2024
Avant même de tenir compte des retombées économiques indirectes et induites.
Les retombées économiques de la filière forestière dépassent largement la seule valeur des produits transformés. Elles comprennent notamment les redevances forestières, les taxes municipales, les taxes de vente ainsi que les impôts versés par les travailleurs et les entreprises. Ces revenus contribuent directement au financement des services publics, notamment en santé, en éducation, en infrastructures et en programmes sociaux.
Derrière chaque arbre transformé se trouvent des travailleurs, des entrepreneurs, des transporteurs, des fournisseurs et des communautés entières qui participent à la vitalité économique du Québec.
La forêt est donc bien plus qu'une ressource naturelle : elle constitue un patrimoine économique vivant qui, lorsqu'il est mis en valeur de façon durable, renforce la prospérité des régions, la souveraineté économique du Québec et notre capacité collective à investir dans l'avenir.
Message clé
Investir dans la forêt, c'est investir dans un actif public qui crée de la richesse aujourd'hui tout en assurant sa capacité à en créer pour les générations futures.
Le milieu forestier remplit une multitude de fonctions essentielles. Il soutient la biodiversité, contribue à la régulation des cycles naturels et au stockage du carbone, tout en offrant des espaces de loisirs, de villégiature et d'écotourisme. Il constitue également un moteur économique important, en fournissant les matières premières nécessaires à plusieurs secteurs d'activité et en soutenant des milliers d'emplois partout au Québec.
Pour les Premières Nations, la forêt représente également un patrimoine culturel, spirituel et traditionnel d'une valeur inestimable.
Dans ce contexte, l'aménagement durable des forêts vise à concilier ces multiples usages. Il ne s'agit pas de privilégier une fonction au détriment des autres, mais de rechercher un équilibre qui permette à la fois de protéger les écosystèmes, de répondre aux besoins des populations et de maintenir une économie forestière forte.
À retenir
L'aménagement durable des forêts repose sur un principe fondamental : concilier les fonctions écologiques, sociales, culturelles et économiques du milieu forestier afin que chacune puisse continuer à bénéficier aux générations actuelles et futures.
L'intensification des travaux sylvicoles sur une partie du territoire permet justement d'atteindre cet équilibre. En améliorant la productivité de certains secteurs, il devient possible de maintenir la fonction d'approvisionnement en bois tout en consacrant d'autres portions du territoire à des approches davantage axées sur la forêt naturelle, la conservation ou une sylviculture d'adaptation.
Les interventions sylvicoles et la récolte planifiée constituent également des outils essentiels pour réduire les risques associés aux incendies, aux insectes, aux maladies et aux perturbations climatiques. Elles contribuent directement à la régénération des peuplements, à leur résilience et au maintien de forêts en santé.
Enfin, si la forêt peut remplir plusieurs de ses fonctions écologiques sans infrastructures, il en va autrement des usages humains. Les chemins forestiers rendent possible l'accès au territoire pour les activités récréatives, la villégiature, l'écotourisme, la sécurité publique ainsi que les interventions d'urgence. Ils jouent donc un rôle essentiel dans la mise en valeur durable du territoire.
L'atteinte de cette cible ne devrait pas nécessiter de soustraire davantage de forêts à la production de bois.
Les superficies déjà identifiées comme « non destinées à l'aménagement forestier » représentent un potentiel important pour contribuer à cet objectif, à condition qu'elles soient reconnues et comptabilisées dans le registre officiel.
Le secteur forestier joue un rôle essentiel dans l'atteinte des objectifs climatiques du Québec et du Canada. Grâce à une gestion durable des forêts, à la fabrication de produits du bois et à la production de bioénergie, il contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en favorisant une économie plus sobre en carbone.
Les pratiques canadiennes de gestion forestière reposent sur des systèmes de certification reconnus à l'échelle mondiale. Elles permettent de concilier la production de bois, la protection des écosystèmes et l'adaptation des forêts aux changements climatiques.
À retenir
Le secteur forestier contribue à la réduction des émissions de GES de quatre façons complémentaires :
Par la photosynthèse, les arbres captent le dioxyde de carbone (CO₂) présent dans l'atmosphère et le transforment en bois et en biomasse, tout en libérant de l'oxygène.
C'est durant leur période de croissance que les arbres séquestrent le plus efficacement le carbone. Une fois arrivés à maturité, ils continuent de le stocker, mais leur capacité à retirer du CO₂ supplémentaire diminue progressivement.
La récolte planifiée ne fait pas disparaître ce carbone. Elle en transfère plutôt une grande partie vers un nouveau réservoir : les produits du bois. Une autre portion peut également être valorisée sous forme de bioénergie, permettant ainsi de remplacer des combustibles fossiles.
Le parcours du carbone
Les arbres captent le CO₂
↓
Le bois stocke le carbone
↓
Les produits du bois prolongent ce stockage
↓
La substitution permet d'éviter d'autres émissions
Un aménagement forestier dynamique contribue à accroître la productivité des forêts, favorise la croissance de nouveaux peuplements et augmente la quantité de carbone captée et stockée.
Bien que les sols forestiers renferment également d'importantes quantités de carbone, celui-ci demeure relativement stable à l'échelle d'une révolution forestière, malgré certaines variations ponctuelles causées par la récolte ou les perturbations naturelles.
L'intensification de certains travaux sylvicoles permet également de maintenir des peuplements vigoureux, mieux adaptés aux conditions climatiques futures et plus aptes à remplir leur rôle environnemental.
À retenir
Augmenter la productivité de certaines portions de la forêt permet simultanément d'améliorer la captation du carbone, d'accroître la production de bois et de soutenir la transition vers une économie plus sobre en carbone.
Le bois constitue l'un des principaux leviers de décarbonation du secteur de la construction.
En plus de prolonger le stockage du carbone capté par les arbres, son utilisation permet, lorsque cela est approprié, de remplacer des matériaux dont la fabrication génère davantage d'émissions de gaz à effet de serre, notamment le béton et l'acier.
Chaque projet réalisé en bois contribue ainsi à réduire l'empreinte carbone du cadre bâti tout en valorisant une ressource renouvelable produite au Québec.
Les changements climatiques accentuent la fréquence et l'intensité des perturbations naturelles qui affectent les forêts québécoises. Incendies, sécheresses, épidémies d'insectes, maladies, chablis et espèces exotiques envahissantes exercent une pression croissante sur les écosystèmes forestiers.
Dans ce contexte, protéger la forêt ne signifie pas uniquement la conserver à l'état naturel. Cela implique également d'intervenir lorsque nécessaire afin de maintenir des forêts en santé, résilientes et capables de remplir durablement leurs fonctions écologiques, sociales et économiques.
À retenir
Une forêt protégée est une forêt capable de résister aux perturbations naturelles, de s'y adapter et de continuer à fournir les nombreux bénéfices attendus par la société.
La protection des forêts repose sur une combinaison d'interventions complémentaires.
Les actions menées par la SOPFEU et la SOPFIM constituent des exemples concrets de protection active visant à limiter les impacts des incendies, des insectes et des maladies.
À ces interventions s'ajoutent les opérations de pré-récupération et de récupération du bois lorsque celui-ci risque d'être perdu à la suite de perturbations naturelles. Ces mesures permettent de préserver la valeur de la ressource tout en limitant les pertes économiques et environnementales.
| Protection active | Conservation passive |
|---|---|
| Prévenir et intervenir | Laisser évoluer naturellement |
| Réduire les pertes | Maintenir les processus naturels |
| Adapter les peuplements | Observer leur évolution |
Les deux approches sont complémentaires et doivent être appliquées selon les objectifs d'aménagement.
Le réseau de chemins forestiers joue un rôle déterminant dans la protection du territoire. Au-delà de son importance pour les opérations forestières, il permet :
Sans ces infrastructures, plusieurs interventions essentielles deviendraient impossibles ou beaucoup moins efficaces.
L'aménagement forestier constitue un levier d'adaptation aux changements climatiques. Les interventions sylvicoles permettent notamment :
Ces actions contribuent à rendre les forêts plus résilientes et mieux préparées aux perturbations à venir.
À retenir
Attendre trop longtemps avant d'intervenir augmente le risque que les peuplements soient affectés par des perturbations naturelles, entraînant une perte de valeur économique, environnementale et climatique.
L'aménagement forestier cherche traditionnellement à renforcer la résilience des écosystèmes, c'est-à-dire leur capacité à retrouver leur fonctionnement après une perturbation.
Toutefois, dans un contexte de changements climatiques, la résistance mérite également une attention particulière. Certaines essences, notamment plusieurs feuillus, présentent des caractéristiques qui leur permettent de mieux résister aux incendies ou à d'autres stress environnementaux.
Une combinaison judicieuse de résilience et de résistance contribue à assurer la pérennité des forêts québécoises.
Certaines modalités actuelles d'aménagement réduisent les possibilités forestières tout en limitant la capacité d'adaptation des forêts.
Une répartition plus équilibrée des classes d'âge, combinée à une sylviculture adaptée aux réalités climatiques futures, permettrait à la fois :
L'approche varie toutefois selon les essences et les contextes. Dans plusieurs situations, la régénération naturelle demeure la meilleure solution, alors que d'autres nécessitent des interventions sylvicoles plus intensives afin de préparer la forêt aux conditions futures.
Message clé
Protéger la forêt, c'est agir avant que les perturbations naturelles ne compromettent sa santé, sa résilience et sa capacité à répondre aux besoins des générations futures.
La mise en valeur durable de la forêt québécoise permet de répondre aux besoins de la population, de soutenir la prospérité des régions, de contribuer à la transition climatique et de préparer les écosystèmes forestiers aux défis de demain.
